2010/8/21 Zackatoustra <www.zackatoustra.com>Ce n'est pas à de talentueux créatif qu'un rustre va apprendre à créer le Buzz!
Cette vidéo, c'est un tutoriel: "Le Tutoriel #2 – Le Buzz"on entend dès les premières secondes que celui qui veut apprendre à créer une vidéo qui buzze, c'est un bon gros gras gars. Pas facile à dire, mais pas facile non plus à définir élégamment le style Mozinor. Non, qu'on ne le respecte pas, bien au contraire. Justement. C'est là que le bât blesse.
Le buzz, c'est cette comète médiatique qui aussi proche de la Terre qu'elle est propagée, diffusée, consommée sur le Web. Plus elle fait parler d'elle, et plus elle est belle…. Dans les yeux d'un créatif soit naïf et peu enclins à comprendre les sombres desseims souvent à l'origine des buzz (pluriel de buzz: buzz). soit plein de MDMA, peut-être.
Mais, sinon, on est tous d'accord: le "Buzz" de Julia du Web de TéléMatin, ou du bruit du Net de France Info, c'est pas ce qu'on peut appeler des références en terme de qualité de contenu qu'on peut trouver sur le web. Ce n'est que l'écume écrémée pasteurisée hypo-allergénisée du Web.Le buzz, il te sert à convertir des visiteurs en clients. Pépéte, money. Que tu sois artiste, syndicaliste ou vendeur de pneus, pour peu qu'il y ait du buzz autour de toi, et Schling! Il pleut des pièces.
Donc, bon, un truc comme ça, c'est une arme de propagande. On ne transfère pas une techno si puissante à n'importe qui.
Et paf! Au vu et au su de tous ces créatifs, payés pour faire parler de tel ou tel produit, service, ou volute de fumée, se pointe Mozinor.
Mozinor qui va, avec ses gros doigts nous apprendre la vie à nous tous.
Nous tous, pauvres péquins.
Pauvres péquins, réduits à sophistiquer quotidiennement notre filtre de contenu accessible sur le Web.
Ce filtre qui nous permet de survivre au flot généré par les quantités astronomiques d'infos du Web qu'on s'injecte dans nos réseaux de connexion aux Gens du Web.
Ce filtre qui nous réserverait dans l'idéal la substantifique moelle des contenus correspondant à nos intérêts, et nos envies de l'instant….
- Choisir le sujet: on plonge son tarin dans l'actualité, on en ressortira bien une vidéo officielle et politiquement correcte d'un événement, d'un thème d'actu. Là, en l'occurence, l'exemple pratique qui est pris, c'est l'Affaire Betencourt (avec un h quelque part, peut-être).
- Choisir un contenu subversif en rapport avec le sujet choisi. Le plus subversif, le mieux. Subversif sans limite, si ce ne sont celles d'un créatif, ce qui limite quand même déjà pas mal. Cela peut être de l'audio, ou de la vidéo.Là, la bande-son du majordome, elle fait évidence comme contenu subversif.
- Choisir un "contenu d'ancrage": C'est ce petit plus qui donne un ton à votre buzz vidéo encore en gestation. A travers ce contenu, on enrichit et renforce le message transmis. Le positionnement de l'auteur trouve ici un autre canal de communication : le choix des références. Sa vue des choses. Là, des tronches d'Aristocrates de la République, des références à l'activité de fouille-merde, etc… On a bien compris le message (sans même avoir vu la vidéo), ce sera bien dans le ton qu'on aime, y'a pas de doutes.
- Là, on a le concept qui sera le cœur de la vidéo qui va buzzer.
Détourner le contenu officiel, le politiquement correct-là: en en changeant la bande-son, Ça a l'air simple, mais ça ne l'est pas. Ce n'est pas donné à tout le monde de faire dire des conneries marrantes à des gens officiels.- Finaliser le travail: derrière ce terme se cache en fait l'activité de réalisation, d'implémentation du concept. Ca demande de mettre les mains dans le camboui, quand même à un moment. L'avantage d'être un créatif payé pour ça, c'est que tu t'arrêtes là. Tu refiles le boulot de réalisation aux stagiaires. Si t'es en solo, bein, tu te tapes l'édition de la vidéo, les cuts, les passages en boucle.
- Téléverser sur un site de partage de vidéo. Et on laisse se faire le travail de diffusion et de consommation du buzz. Cela commence par le travail de transmission entre collègues, entre membres de réseaux, la détection, et la reprise par les médias web, puis les autres média, et "spécialistes du web" sur Lémédias, qui rejouent encore une fois pour nous le vieux rituel de la circulation circulaire de l'information, chacun se gavant de ce que mange l'autre pour le recracher et donner envie à l'autre d'en reprendre un peu…
- Mesurer la popularité de la vidéo 48 heures après sont téléversement.
"Le plus stupide des actes créatifs est quand même un acte créatif"C'est la durée de vie d'un buzz.
Après, y'en a qui parlent de "demi-vie" d'un buzz, comme pour les machins nucléaires-là, y'en a d'autres qui regardent toutes les heures. Quoiqu'il en soit, le critère de succès d'une vidéo qui buzze se mesure dans un délai n'excédent pas 4 jours. La valeur de 2 (jours, soit 48 heures) est préconisée.
Au délà, on entre dans un autre champ d'analyse de la popularité. Viennent ici se raccrocher les concepts barbants de longue traine, et de référence culturelle, qui sortent du cadre du tutoriel.
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