Nous appelons les représentants des 192 pays rassemblés à Copenhague à ne pas hésiter, à ne pas sombrer dans les querelles, à ne pas rejeter la responsabilité sur les autres mais à transformer cet échec majeur de la politique moderne en occasion d’agir
Les édito. du monde entier se donnent la main.
56 éditorialistes de 45 pays se donnant la main. Ils écrivent d’une seule plume un appel poignant.
Un appel à une action vigoureuse et affirmée des dirigeants du monde. Ces 192 chefs d’état, présents ou représentés, lors de cette messe écolœcuménique.
Un appel pour sauver la planète limiter les dégâts.
C’est-y pas génial?
Tous ces journalistes dont les hyper-consciences se donnent rendez-vous, non seulement pour parler de Cophenague Copenaghe Copenhague.
Mais, surtout pour montrer qu’il faut se sortir les doigts du retrousser les manches, et suivre l’exemple de politique mondiale que eux, les journalistes, ont su mettre en œuvre:
Regardez, Messieurs, Mesdames les Gouvernant(s) du Monde,
L’Union Sacrée, nous, on l’a faite.
Et vous?
Une bien belle image du journalisme d’opinion
C’est joli.
Tous ces grands esprit qui osent s’engager dans les thèmes brûlants, et prendre position pour… pour le Bien de l’Humanité (c’est ça, non?)
Ma première réaction en entendant parler de cet éditorial plein d’universalisme serviable, ce fut:
Oh. C’est mimi, dis-donc. Déjà que tous les journaux, même les plus daubés, vont en parler. Si, sur l’ouverture du sommet, il n’y a qu’un seul édito. à lire, ce sera toujours ça de gagné sur mon temps de travail productif.
Un éditorialiste, c’est quoi, alors?
Sauf qu’en me servant mon café, je me suis demandé bêtement:
Mais…Si les journalistes éditorialistes font de l’information, qui donc va analyser cet éditorial?
En touillant mon café, je considérais ma vision de ce qu’est un éditorialiste.
Les journalistes, dans ma vision, certainement naïve de la profession, étaient les rapporteurs des Choses du Monde.
Certains, de par leur expertise dans un domaine, avaient, en plus, la légitimité de prendre du recul de ces rapports. Ces gens-là, les éditorialistes, nous proposaient une lecture et une analyse plus décorrélées des soubresauts de l’actualité. Leur vision les menaient là où notre regard ne pouvait nous mener, nous, tout empêchés que nous sommes par le bout de notre nez, ou le guidon de notre vélo d’infortune quotidienne.
Si les Choses du Monde étaient éclairées par le faisceau puissant des projecteurs du journaliste, l’éditorialiste, lui, se plaçait orthogonalement à ce faisceau. Mais, du coup, s’il se jettent sur la scène de l’information, aucune chance qu’il puisse, dans le même temps avoir ce regard perpendiculaire et surélevé sur les Choses du Monde….
Un exercice de gymnastique intellectuelle périlleux.
Il est toujours difficile d’être à la fois l’info, l’objet d’analyse, et l’analyste.
A moins de contorsions intellectuelles dont, si j’étais eux, je me passerais bien, en ces temps de défiance assez marquée face aux « élites » en général, aux « journalistes fricotant avec les puissants » en particulier.
Quel gain pour la communauté internationale des citoyens y’a-t-il à ce que les éditorialistes « du monde entier » rédigent ensemble ce communiqué?
L’éblouissante joliosité de ce geste d’Union Sacrée est incontestable.
Le risque que ces éditorialistes se soient discrédités aux yeux de cons comme moi l’est également.
AFP: Copenhague: un même éditorial pour 56 journaux
