
Chronique d’un échec espéré
Le climatologue James Hansen n’a pas sa langue dans la poche. Pour lui, par exemple, la pollution à grande échelle perpetrée par les multinationales pétrolières mériterait que leurs dirigeants soient inculpés pour crime contre l’humanité. C’est bon, ça vous situe le gars?
James Hansen, donc, fait part de son grand espoir de voir le sommet de Copenague de se vautrer en beauté, avec l’espoir (critiquable) d’un « plan B », consistant en une reprise à zéro de l’approche.
Selon lui, les discussions sont parties sur de mauvaises pistes. Fonder un espoir de changement sur la base de négociations entre dirigeants politique biaise le débat, et rend caduque toute conclusion qu’il amènerait. L’espoir de continuer le « business as usual » en y intégrant une part d’effort pour limiter l’impact humain sur l’environnement relève du fantasme.
En clair: on ne négocie pas avec le climat
Le climat représente le défi moral du 21ème siècle. Et de même qu’il n’y a pas eu de conférence pour « négocier » un compromis sur l’esclavage ou le nazisme, il ne faut pas négocier sur le climat.
On those kind of issues you cannot compromise. You can’t say let’s reduce slavery, let’s find a compromise and reduce it 50% or reduce it 40%.
Et, le moins que l’on puisse dire, c’est que… ce n’est pas faux.
On en vient du coup à se demander si, par hasard, la protection de la planète ne serait pas un sujet trop important pour être laissé aux Chefs d’état….
Copenhagen climate change talks must fail, says top scientist | Environment | The Guardian
Nos gouvernants du monde entier construisent patiemment le meilleur des mondes dont ils rêvent pour mieux régner, un monde où Ravage, Soleil Vert et autres Blade Runner deviendront réalité, un monde dans lequel on se tuera pour un bidon d’essence, une poignée de céréales douteuses ou une bouffée d’air frais tout simplement.
Non seulement les premiers objectifs de limitation des émissions de GES n’ont pas été respectés, non seulement les nouveaux objectifs pour 2050 étaient sans doute insuffisants, mais les pays du G8 et les grands pays émergents n’ont pas trouvé mieux que de renoncer à leurs engagements. Le Sommet de Copenhague n’annonce malheureusement comme un nouveau grand foutage de gueule.