Nicolas Sarkozy se fait chier en Arabie Saoudite. Mais pour la bonne cause. Ah non. Même pas.
J’irais presque jusqu’à le plaindre, le Nico.
Sur certaines images qu’on a de ce déplacement, à serrer la pogne à tous les « dignitaires » saoudiens, on se demande s’il ne regrette pas d’avoir fait péter le congrès des maires.
On le sent un poil tendu.
Lui, il est plutôt d’un tempérament rentre-dedans. Là, il se retrouve face à des « dignitaires » qui aiment bien en rajouter dans l’excès de mauvais-goût. En plus, il doit contenir son impatience et se faire le spectateur, de préférence jovial, du show protocolaire organisés par ces hôtes.
Ceux qui connaissent un peu la psychologie des Arabes savent qu’ils ne discutent affaire qu’après le passage en revue systématique toutes les banalités conversationnelles disponibles au registre. Nicolas Sarkozy n’a probablement pas échappé à ce rituel : j’entendais ce matin (sur iTélé) un petit bout de conversation où Son Altesse Royale faisait remarquer au Président son retard, en suggérant que cela était surement dû au fait que l’avion avait le vent de face… La réplique du Président manquait de cinglant, mais il ne devait pas être encore bien échauffé:
Vivi, l’avion avait peut-être le vent de face, effectivement…
Quand on est président, on ne dit pas « J’peux pas j’ai piscine », on dit « Voyage semi-privé »
Hier, j’en entendais (peu) parler de ce voyage de Sarkozy en Arabie Saoudite et au Qatar.
Aujourd’hui, j’en entends aussi parler (plus), mais désormais, on précise que ce voyage est « semi-privé », voire « quasiment privé »!
Et là, je vous avoue, j’ai pas compris. Semi-privé? 
Lors des dernières escapades du Président, au Mexique, par exemple, j’acceptais l’idée que les avions de la République Française soient mise à la disposition du VRP national. Y nous rapporte du business, y peut utiliser les avions.
Je voyais ça un peu comme un congrès : bien nourri, bien logés, et défrayés, on se retrouve deux fois par jour pour discuter sérieux. Et « sérieux », quand on est VRP Président, çe signifie gros contrats industriels.
Sauf que là, le président y est allé seul en Arabie Saoudite, en tout cas sans les patrons des grosses entreprises françaises. Donc, a priori, pas de gros contrats à la clé.
Alors, soit. Ce voyage est semi-privé. Mais, ça veut dire quoi?
- Un peu de privé, un peu de public?
- Ou tout le temps du « un peu privé »?
J’imagine que si ce voyage entrait dans la deuxième catégorie, cela aurait pu valoir le coup de le programmer après le congrès des Maires. Les maires, c’est quand même pas n’importe qui, ce sont les représentants de l’Etat au niveau le plus proche de la population.
Enfin… Moi, je dis ça, c’est facile. Je n’ai pas été invité dans une des résidences du roi Abdallah, aussi. Je peux pas comprendre.
C’est vraiment pas simple de trouver des excuses pour ne pas faire ce que l’on n’a pas envie de faire. Se faire siffler par des maires, passer Noël chez sa belle-mère…
Pile: je vais me faire siffler par les maires. Face: je vais aller me faire chier chez les saoudiens.
Et puis, si les instituts de sondages de l’Elysée ont bien fait leur boulot, ils ont dû se poser la question de l’impact sur l’opinion de ce choix entre les Maires, et le Roi Abdallah.
D’un côté, s’il avait participé au congrés des Maires, les sifflets destinés hier à Fillon lui seraient retombés dessus. Et aucun service d’ordre n’aurait pu se charger d’éloigner les fauteurs de troubles. Pour cause, ce sont des Maires. Et, il est hors de question que l’image du Président soit ternie par un tel déferlement de critiques en public.
D’un autre, en allant rendre visite à son pote Abdallah, ce qu’il risque, c’est une avalanche virtuelle de commérages impertinents non-pertinents d’internautes prompts à alimenter des polémiques dérisoires…
Les instituts de sondage n’ont pas pu se tromper. Ce voyage « semi-privé » en Arabie Saoudite n’aura donc pas d’impact négatif sur la popularité du chef de l’Etat.
Hein?
Vous pensez que si?
Vous êtes décidément bien mauvaise langue.

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