Zoute! Yé mé soui fé attrapé par la policia!
Les règles de l’immigration sont très simples….
Éviter la police aussi longtemps que possible.
Non, ceci n’est pas le vade mecum du candidat à l’immigration.
Ce n’est que l’accroche d’un jeu flash ultra-basique.
Dans la peau d’un Speedy Gonzales motivé, vous enfourchez votre bicyclette afin de traverser la frontière. Le scénario ne le précise pas, mais, manifestement, vous avez mis de côté l’option « traversée du Rio Grande sous les balles des shérifs » et avez opté pour l’option « saut majestueux en triple back-flip enthousiaste au dessus du mur barbelé de 4m50″.

Comment traverser la frontière américaine quand on s'appelle Gonzalez, Speedy, et qu'on a à peine de quoi s'achter un vélo?
Dès votre arrivée sur le territoire, vous êtes pourchassé par un nombre croissant de voitures de police, manifestement américaine.
Là, le chrono démarre. Combien de temps échapperez-vous au balai ballet policier?
Passer la frontière, c’est marrant, finalement
Marrant comme jeu. Ça ne coûte pas cher. On n’y passe pas des heures.
N’empêche. Ne sentez-vous pas le malaise de donner comme cadre à un simple jeu la problématique de l’immigration clandestine?
On dépasse le million de clandestins traversant la frontière « TexMex », séparant les États-Unis d’Amérique du petit cousin mexicain. La France n’est pas en reste avec son chiffre d’environ 400 000 clandestins débarquant des 4 coins de la terre pour venir manger le pain des français.
Et bizarrement, tous ces gens-là, monsieur, ils ne pédalent pas sous leur sombrero, monsieur.
Ces gens-là, monsieur, ils rament dans leur galère, la tête baissée. Monsieur.
Quatre secondes de reflexion. Pas plus. Promis.
-Rholala, y peut pas s’amuser deux secondes, le Zack, là?Tout de suite, il faut qu’il ramène un jeu tout simple à une grande question politico-philosophique-mes couilles, là!
C’est vrai. J’ai joué à ce jeu, j’ai fait un score lamentable (432, pour les annales, au second essai), et j’ai failli fermer la fenêtre et effacer ces quelques secondes de gameplay enfantin de ma mémoire.
Sur le coup, je n’ai même pas fait le rapprochement avec les échos des aventures d’un cousin qui a traversé la frontière italo-française accroché sous un train. Alors, que -suis-je bête!- ça aurait pu faire une super idée de jeu, ça!
Combien de temps resteras-tu accroché aux pistons de la locomotive?
Déplaces ta souris pour t’adapter aux mouvements de la locomotive, et surtout évites les jets de vapeur brûlante!
Mais, sérieusement, est-ce un bon signe que l’on en vienne à considérer ces mise en péril de sa propre vie comme une occupation, source de sensations équivalente à un épisode d’un sequel quelconque de l’émission Survivor, ou Fear Factor?
Une super-émission, prochainement à la télé : Le clandestin
Dans mon esprit, se dessine, en même temps que je vous « parle », l’idée horriblement vendeuse, soit d’une série, soit d’un jeu de télé-réalité : Clandestin. 1 chance sur 2 que ce concept ait déjà été implémenté quelque part sur terre. Même si ce n’est pas le cas, il est inutile de vous en expliquer le concept.
Vos cortex pré-frontaux dévoyés sont déjà captivés, et trépignent de voir les premières images de ce show.
Si vous souhaitez dénoncer le clandestin, tapez 1. Si vous lui souhaitez lui accorder un jour de plus, tapez 2

Après 3 jours de nage, John arrive sur les plages. Mais pour lui, l'aventure ne fait que commencer...
Cela pourrait commencer par un essai, via un « Vis ma vie » de clandestin, histoire de voir si l’audience suivrait. Si tel est le cas, et ce sera le cas, car « un concept aussi vendeur, Monsieur le directeur des programmes, si vous ne l’acceptez pas, votre concurrent l’acceptera, lui », on investirait dans un scénario qui permettent de générer des saisons à tire-larigot. Il pourrait débarquer par bicyclette, par train. Mais, aussi, par avion(enfin, sous l’avion), par bateau.
On pourrait même demander aux gens de voter pour décider si oui ou non, les coordonnées GPS du clandestin doivent être transmises aux autorités.
Cela dépendrait beaucoup de son attitude, bien sûr, on ne dénonce pas des gentils clandestins, nous, c’est pas not’genre. Par contre, s’il rechigne à travailler pour un salaire tout à fait raisonnable au vu de sa situation, qui n’est pas un salaire de misère, comme d’aucuns pourrait le penser, s’il ne se lave pas tous les jours, s’il est malpoli avec la boulangère, là, par contre, bon, hein. On ne peut pas accepter toute la misère du monde, non plus : bon, allez, j’appelle le 3612 et je dis « Clandestin ».
Alors, ce jeu… Inoffensif? Hmmm. Non.
De mauvais goût? Non.
Car, il a le bon goût de nous faire réfléchir, non? Même un peu, en en capilotractant le sens caché…
Vous en pensez quoi de ce jeu, de mon idée d’émission?
Sur ce, je vais être en retard à ma réunion, Caramba…

