L’alcool et le tabac sont des substances psychoactives socialement acceptées. Le cannabis, l’ecstasy, le LSD sont illégales.
Pourquoi?
L’occasion (de chercher) fait le larron
Je me posais cette question depuis quelques temps déjà. L’article de Rue89 « Les scientifiques bougent sur le cannabis… et trébuchent parfois » m’a donné l’occasion de me reposer la question.
Alors? Pourquoi?
Parce que ces drogues sont vachement plus dangereuses que l’alcool ou la tabac, pardi!
Bein non.
La fameuse étude « The Lancet »
C’est en tout cas ce montre une étude de 2007, apparemment célèbre, publiée dans The Lancet et vaguement citée dans l’article de rue 89. Etrangement, elle ne figure pas sur la liste des études de classification des psychotropes sur Wikipedia(fr)
Cette étude, pour vous (et un peu pour moi aussi), je l’ai ressorti de son placard. Et, fichtre qu’elle pose beaucoup de questions…
Evaluation de la dangerosité des substances psychoactives
Dans la série des « faut savoir de quoi on parle », reprenons la réponse « naïve » et considérons la dangerosité supposée des substances concernées.
Les auteurs de cet article, David Nutt , Leslie A King, William Saulsbury et Colin Blakemore (c’est un minimum que de les citer, tout de même), les auteurs,donc, ont formalisé les facteurs de dangerosité:
- Danger physique
- Dépendance
- Impact social
Ils ont demandé à des psychiatres du Royal College of Psychatrists, spécialistes en addiction puis à des experts en chimie, pharmacologie, psychiatrie, épidémiologie, et à des juristes, et des policiers de noter la dangerosité des substances étudiées( 14 en tout, cf diagramme plus bas).
Le résultat de l’étude: n’est pas dangereuse la substance qu’on croit

Le classement (Classes A,B,C) correspond à la classification actuellement en vigueur en Grande-Bretagne.
Le Top 10 des substances dangereuses
Dans l’ordre des drogues que je connais (pour en avoir entendu parler à la radio, ou à la télé):
- Héroïne
- Cocaïne
- Alcool
- Kétamine
- Amphétamine
- Tabac
- Cannabis
- Solvants
- GHB
- Ectstasy
Voilà. Une fois cela dit, y’a plus rien à dire, n’est-ce pas.
Ne devrait-on pas punir l’usage de ces substances en fonction de leur dangerosité?
Je vois déjà l’oeil rouge et sec des consommateurs de cannabis percevoir les planantes opportunités euphoriques de l’application de ce principe.
Ne devrait-on pas punir l’usage du tabac, et de l’alcool?
Ah. Oups. Je voulais pas vous fâcher.
Rassurez-vous : il n’y a aucune chance que cela arrive un jour. Les amerloques s’y sont essayé, et à part quelques figures cinématigraphiques, cela n’a rien donné.
Quiqu’il en soit, une fois ces données « scientifiques » établies, on ne peut éviter de se poser des questions bizarres. Y’at-il d’autres critères à prendre en compte qui permettraient d’expliquer l’absence de corrélation entre le risque d’usage d’une substance socialement acceptable et une substance illicite?
Idéologie? Inquisition?
Qu’est-ce que tu racontes, sérieux?
Note : Ce billet ne respecte pas les droits des auteurs de cet article. Parce que ça m’aurait couté 11,54€.
Development of a rational scale to assess the harm of drugs of potential misuse : The Lancet







