Débat sur l’Identité Nationale: les chiffres contredisent Eric Besson
Auto-satisfecit et caution scientifique
Éric Besson, faisait Lundi le bilan d’étape du Débat. Il considérait que les discussions n’avaient pas dérapé, que l’amalgame « identité nationale/immigration » avait été évité, et que, bref
La caricature du défouloir raciste n’a pas fonctionné. Dire que le débat s’est focalisé sur l’immigration serait une erreur d’analyse
comme le confirmait Brice Teinturier.
Brice Teinturier, c’est le directeur général adjoint de de l’institut TNS-Sofres. Un Expert, en somme.
Dans notre triste société où les citoyens n’ont plus confiance en leurs politiques, rien de mieux qu’un expert pour regonfler de crédibilité un discours qui, sinon, risquerait de se voir taxé de diverses infamies : contre-vrai, manipulé, mensonger.
Avec un technicien du chiffre, un gars qui ne se laisse émouvoir que par les courbes d’une gaussienne charnue et érectogène, aucun risque que l’on conteste les affirmations avancées.
Une analyse du discours des contributeurs au débat
La méthodologie utilisée pour cette analyse est décrite:
Un balayage lexical des 26.000 premières contributions, une analyse qualitative de 500 d’entre elles piochées au hasard, et les premiers résultats du questionnaire mis en ligne mi-décembre (1600 questionnaires remplis au 28 décembre). Au final, une synthèse indicative de ce qu’il s’est dit sur le site les premières semaines, à défaut d’avoir la valeur d’un sondage représentatif – s’est exprimé sur le site qui le voulait bien.
La partie de l’analyse qui permet à Eric Besson d’affirmer qu’il n’y a pas eu de dérapage, c’est le fait que le thème de l’immigration n’ait occupé que « moins d’un tiers » du volume des échanges.
Et un tiers, c’est peu, quelque soit la taille du tiers. C’est bien connu.
Une analyse amatrice, naïve, dérisoire, et non pertinente: la mienne
L’analyse, elle est facile à faire, je l’ai donc faite. N’ayant pas lu d’articles sur la danse des chiffres présentés, je vous la soumet, cette analyse. Non satisfait des chiffres fournis par l’article de Libération, je me suis basé naïvement sur le rapport intégral de l’étude.
Les thèmes abordés:
- Le débat lui-même
- L’immigration
- Le respect
- Le partage
- L’héritage
Voici, donc, « visuellement » la répartition des thèmes.
Le tiercé gagnant :
- le débat(29%),
- l’immigration(27%),
- le respect (19%).
N’empêche, le débat sur le débat, on s’en fiche. Que les gens parlent de la pertinence de l’existence, du contenu, ou de l’agenda de ce débat, on s’en fiche. Puisque cela ne le fait pas avancer, ledit débat.
En partant de cette hypothèse méthodologique, je retire ce champ d’évocation de mon ensemble de données. Oh mââgie noire, on découvre alors autour de quelle thématique tourne principalement les contributions évocatrices.
Pas besoin de dons de divination pour le pressentir.
Pas besoin de diplômes en Analyse Statistique pour le faire ressortir.
Pas besoin de graphiques pour le comprendre. Même si ça se voit mieux en le montrant.
Besoin, par contre, d’une sacrée dose d’aplomb pour affirmer le contraire.




















