Google annonce la mort du MP3, et celle de la SACEM?

Trouver et écouter de la musique. Gratuitement, ou presque. En garantissant la retribution (juste de préférence) des artistes.

Telle est l’équation à laquelle la France numérique s’est confrontée et d’où est sortie la mauvaise solution: Hadopi 2.

Vous voulez des bonnes idées, les gars? Plutôt que de demander à des gourous de l’industrie musicale au modèle médiéval, demandez-donc à Google.

Demandez-donc à des gens qui savent ce que veut dire « Win-win » : Gagnant-Gagnant… L’internaute y gagne, Google y gagne.

Quel est donc ce « biznès modèle » magique?

Celui sur lequel on aurait souhaité tombé, à l’issue des débats sur Hadopi?
Cette idée qui a pour seule ambition, fondamentale, de proposer une spécification du processus?
Cette idée dont pourrait s’emparer les entreprises de service numérique pour en proposer une implémentation, dont l’élement distinctif ne serait plus « réussit malgré les croche-pattes de la SACEM » mais

  • « belle interface »,
  • « ambiance sympa »,
  • « s’adapte à toutes les situations où j’écoute de la musique »,
  • « me réconcilie avec l’idée de payer pour de la musique »,
  • etc…

Cette idée qui n’aurait pas été proposée par un géant de l’industrie numérique qui, de fait, va imposer, un jour ou l’autre, que le fabuleux catalogue de la musique d’aujourd’hui, et d’hier, devienne « sa » propriété?

Le Business Model de la musique en ligne selon Google.

Pour Google, est d’imposer la diffusion de musique en continu(le « streaming »).
Adossé à cette écoute en ligne, le modèle prévoit que l’auditeur paie peu, voire pas, pour écouter de la musique.
Il est trés aisé d’imaginer un « compteur » de chansons écoutées intégré au compte Google. Lorsqu’un morceau a été écouté un certain nombre de fois, Google reverse le montant, négocié, des droits d’auteur.

Du coup, à quoi serviraient les MP3?

A rien, en effet.
La musique numérique prend alors toute sa dimension « dématerialisée ».
Pour illustrer ce constat : songez à aller expliquer à Madame Michu la notion de « buffer » utilisé par les clients de streaming, et vous comprendrez vite qu’il vaut mieux, pour tout le monde, que ces détails techniques ne viennent pas perturber la sus mentionné Madame Michu pendant son expérience d’écoute musicale en ligne.

Bref, on n’a plus besoin des MP3, avec leur rassurante extension si bien nommée. Finis également les fichiers apc, ogg (« -Et çui-là, je peux le lire avec Winamp?-Nan, y te faut VLC pour çui-là »).
On ne se posera plus la question, parce qu’on n’aura pas besoin de se la poser :

  • La musique est partout autour de moi( « Music is all around me », ça sonne quand même mieux, nan?)
  • Dès que je fais appel à mon ange Google, je peux cueillir tous les fruits de la création musicale universelle.
  • Pour cela, je me connecte à mon compte,
  • Je tape la chanson que je veux écouter.
  • J’écoute la musique,
  • Je clique,je clique (sur ce que Google réussi à me faire cliquer),
  • C’est gratuit,
  • Et les artistes y gagnent.

Blitzkrieg silencieuse sur le marché de la musique en ligne. La France encore épargnée.

Et voilà, bande de crétins les gars.
C’était ça, la solution.
Nous, petits cerveaux manouvriers, on l’avait cette idée, bande de cons messieurs. On n’avait besoin que d’un cadre législatif qui serait revenu à la raison, et à la morale.
On aurait pu développer un écosystème permettant à l’internaute français d’écouter de la musique en ligne, en respectant les droits des auteurs.
On peut encore. Mais, c’est un peu tard, maintenant.

On vous disait « Guerre de mobilité », vous nous répondiez « Guerre de position »

Vous avez épuisé les forces vives de la nation qui essayaient de vous convaincre que cette ligne Maginot de la musique en ligne était une aberration dans le contexte actuel.
Mais, vous avez persisté et vous avez louvoyé, et vous avez obtenu ce que vous voulez : la ligne Maginot de la musique en ligne sera maintenue, et renforcée.
Bravo.
Sauf que Google lancera prochainement ses tentacules sur la musique en ligne française.
Et qu’on aura l’air malin, avec notre Hadopi, face à ses arguments en béton armé.

Chronique d’une chute de Charybde en Scylla annoncée

Maintenant, la guerre est déclarée:
Vous, vendeurs de MP3, vous êtes morts.
Vous, chantres de cette conception médiévale de la propriété intellectuelle, vous êtes morts.

Votre disparition ne me troublera pas plus que ça, que ce soit dit, de vous à moi.
Le problème, c’est que vu votre réactivité sur les problématiques des temps présents, on est voués à rouler aussi librement que l’on voudra, mais pour le compte de Google.